Les Bons Maux…

… de Monsieur Zlatko Zapostroff

Ray Bradbury a refaçonné notre culture et élargi notre monde.

Barack Obama

PUB avec Ray Bradbury et Kirk Douglas, rien que ça…

Les Bons Maux…

… de Monsieur Zapostroff

Le mariage fait les êtres vieux et routiniers avant l’âge.

Ray Bradbury

LE DRAGON

de Ray Bradbury

Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures. A chaque pas, le dragon semblait plus grand. Il crachait d’énormes flammes. Soudain l’un des deux chevaliers s’arrêta et dit :

– J’ai peur. Il n’y a pas d’espoir.
– Ne sois pas pétrifié, mon ami. Pense un peu à la gloire.
– J’ai une idée ! Nous allons le piéger dans la fosse aux soupirs.
– Tu n’es qu’un peureux !

Ils décidèrent d’assembler leurs cordes devant la fosse. Les bouts de corde étaient solidement attachés à de grands arbres lorsque l’une se rompit…

– COUPEZ ! cria un homme à lunettes noires et veste à carreaux. C’était le réalisateur du film « Le Retour du Dragon ».
– Alors les gars, c’est quoi cette corde ? Le studio a peur de gaspiller son argent ? C’est fini pour aujourd’hui. Demain on finira cette scène. Ne soyez pas effrayés, on réussira  ! Je veux que tout soit parfait pour notre sortie.

La sortie du film fit un tabac et ils eurent beaucoup de succès.

Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures. Ils galopèrent à travers la lande pour arriver devant le dragon. Celui-ci, mécontent de les voir sur son passage, fit jaillir une immense flamme dans leur direction. Les chevaux, pris de panique, se cabrèrent et firent tomber leur cavalier à terre puis s’enfuirent.

Les chevaliers étaient maintenant seuls et cloués au sol. Ils étaient dans un halo de poussière et ne voyaient rien à part les yeux du dragon, rouges comme de la braise ardente, assez terrifiants pour faire mourir de peur.

Les hommes jouaient maintenant entre la vie et la mort. L’un des chevaliers demanda à son compagnon de faire diversion. Celui-ci, ne sachant plus où il en était, acquiesça d’un signe de tête. Puis il se mit à crier pour attirer l’attention du dragon pendant que l’autre courait vers celui-ci et enfonçait son épée dans le ventre du monstre. Le dragon poussa un horrible cri de douleur puis il s’effondra en crachant sa dernière flamme qui atteignit malheureusement le chevalier qui faisait diversion.

Les deux êtres moururent ensemble tandis que le seul survivant de ce combat reprenait sa route pour aller annoncer la bonne nouvelle et la mauvaise.

Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures. Ils étaient terrorisés et ils tremblaient de tous leurs membres. Le dragon, lui, était paisible, mais, dans ses yeux couleur de braise, la méchanceté et l’horreur régnaient.

Le premier chevalier, malgré la peur, commença à parler au deuxième :
– Compagnon, le Roi nous a envoyés pour tuer le dragon. Maintenant qu’il est devant nous, n’hésitons plus : combattons !
Et dans un geste de fureur, il donna un coup d’étriers à sa monture. Le cheval partit dans un sursaut. Le chevalier, sans réfléchir, planta son épée dans le torse du monstre. Le dragon eut un cri de douleur et tomba comme une masse.

Le chevalier fut pris d’une telle frayeur qu’il retourna au galop près de son camarade. Mais la bête n’était pas morte. Elle se releva. Le deuxième chevalier lança son arme avec un coup nerveux. Elle atteignit le dragon et le transperça. Puis la bête s’élança et mourut.

Les deux chevaliers, une fois la peur passée, rentrèrent au château et furent acclamés comme des héros.

Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures.
Ils arrivaient à l’orée de la forêt quand le premier chevalier dit :
– Repartons, tant qu’il en est encore temps.
– Non ! répondit l’autre. Nous avons juré fidélité au seigneur, alors essayons de vaincre notre peur et tentons notre chance.
– Moi, je reste là !
– Très bien. Si je réussis, à moi les récompenses. Tandis que toi…

Le chevalier n’eut pas le temps de finir sa phrase que le forêt s’embrasa et que le dragon apparut. Il était monstrueux, terrifiant. Sa longue queue fouettait partout et des flammes s’échappaient de sa gueule. Il poussa un long hurlement et se rua sur sa « proie ».
Le chevalier menacé s’élança au galop et enfonça fougueusement sa lance dans la gorge du dragon. Mais le dragon le fouetta violemment de sa queue avec ses dernières forces.

Le héros était désarçonné. Le deuxième, ayant vaincu son angoisse, vint pour prêter main forte à son compagnon. Mais c’en était fait, son ami était mort pour sa patrie et ledragon agonisait également.

Le chevalier ramena au seigneur la dépouille de son ami et l’enterra. Le seigneur lui offrit en récompense sa fille en mariage. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.

Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures.
La chose qui fonçait vers eux était plus terrifiante qu’un dragon. En fait elle était gigantesque. Elle se déplaçait à l’allure d’un ouragan. Les deux hommes terrifiés ne bougeaient pas.

Le chevalier le plus courageux voulut affronter la bête.
– Allons-y. Il faut…
L’autre chevalier le coupa :
– Ce n’est pas un dragon, c’est un dinosaure. Il vient ici pour se nourrir et si nous restons là, nous lui servirons de dîner.

Il entraîna son compagnon. Ils descendirent de leurs montures et se cachèrent derrière des arbres. Le monstre s’arrêta devant les montures qui ruaient et tentaient de partir. Alors de son énorme mâchoire, il arracha les pauvres bêtes du sol et les engloutit. Puis il s’en retourna.

Les deux chevaliers qui avaient observé la scène se mirent à s’interroger :
– Qu’allons-nous faite sans montures ? Nous ne pouvons plus rentrer chez nous.
– Il faut accomplir notre tâche.
– Oui, allons-y et hâtons-nous.

Les deux hommes suivirent la bête toute la nuit grâce à ses traces. Au petit matin, les deux hommes extenués arrivèrent au bas d’une petite colline. Mais en regardant au sommet, ils virent un nid, le plus grand nid qu’ils n’avaient jamais vu.

Le preux chevalier s’avança en éclaireur. Arrivé au sommet, il découvrit un oeuf non éclos et un petit dinosaure. Quand il le vit, son sang se glaça d’effroi. Alors il prit son épée pour le tuer. Mais à ce moment-là, derrière lui, il vit la mère du petit monstre et d’un coup de queue elle le tua. Avant de mourir, il planta son épée dans le coeur de la mère qui tomba raide morte.

Alors le chevalier qui était resté caché jusqu’alors se précipita et tua le bébé dinosaure. A ce moment-là, l’autre oeuf se brisa et le petit dinosaure prit le chevalier pour sa mère. Et deux semaines après avoir dressé le dinosaure, le chevalier rentra dans son village sur le dos du petit monstre.

« Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures.

Le dragon se rapprochait de plus en plus d’eux et les deux chevaliers, après avoir enfilé difficilement leurs armures, avancèrent à leur tour. Mais le problème était qu’ils étaient pétrifiés à l’idée de devoir affronter ce terrifiant dragon.

Au bout de quinze à vingt mètres, le dragon et les chevaliers se retrouvèrent face à face. Le premier chevalier, Albert, qui était peureux et qui tremblait devant ce monstre, cedragon féroce qui fumait de partout, qui était rouge vif comme le feu, cria à son coéquipier en frissonnant de peur : – Je n’ai pas très envie de me battre contre cette bête !
– Je n’ai pas très bien entendu avec tout ce vacarme que fait le dragon ! rétorqua Ivanhoé, le deuxième chevalier.

Soudain, une grande flamme sortit de la gueule du dragon. Mais les chevaliers s’écartèrent à temps. Ils avaient enfin une tactique : le premier chevalier ferait diversion pendant que l’autre planterait son épée dans le ventre du dragon.

– On l’a battu !
– Il ne nous embêtera plus. »

– Fin de l’histoire ma puce.
– Merci papa, bonne nuit.

Rappel…

 Hommage…

Le 22 août 1920, naissait le petit Raymond Douglas « Ray » Bradbury

Ray Ban pour les z’intimes…

raybradbury.com

Monsieur…

Puis, au vingtième siècle, on passe en accéléré. Livres raccourcis. Condensés, Digest. Abrégés. Tout est réduit au gag, à la chute.

Ray Bradbury

X-Ray from Bradbury

« Avant tout, je n’écris pas de science-fiction. J’ai écrit seulement un livre de science-fiction et c’est Fahrenheit 451, basé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le Fantastique est une description de l’irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c’est du fantastique »

Ray Bradbury

Lire la suite