20 avril, journée du cannabis… Toujours pas légal en France…

(…) Des grands se sont drogués (Artaud, Nabokov, Baudelaire, Rimbaud…), pourquoi pas les minables, les plus humbles ? Pourquoi le désespoir et la drogue ne seraient-ils pas les choses les mieux partagées du monde ? Lutter contre les drogués, c’est lutter contre les hommes : donc le combat sera difficilement gagné. Et quel combat, avec quelles armes ?

Pour l’instant, et de la façon dont il est mené, il est perdu. En 1998, la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies fixait l’objectif d’un monde débarrassé des drogues en 2015 grâce à la prohibition. Bravo. Belle réussite. Comment a-t-on pu proposer un objectif aussi imbécile ? Allez voir sur YouTube les décapitations à la tronçonneuse réalisées par les mafias de la drogue au Mexique… La prohibition de la drogue a créé des Etats dans l’Etat, des mafias tellement puissantes que personne aujourd’hui n’ose prétendre les combattre. (…)

Il existe un exemple fondamental d’échec de la prohibition : celui de l’alcool aux Etats-Unis. La prohibition permit de faire vivre mafias, flics véreux et bons flics. Son arrêt envoya les mafias travailler ailleurs.

Comment liquider le trafic de drogue dans les cages d’escalier des immeubles de banlieue ? Par plus de policiers ? Evidemment pas. Il faut en finir avec la criminalisation de la possession du cannabis. (…)

Légaliser ? Vendre tout en pharmacie ? Ou simplement dépénaliser les drogues dures et légaliser le cannabis ? Cela paraît être le minimum. On dira : oui, mais pourquoi ne pas légaliser la vente d’armes alors ? D’abord, n’importe qui peut acheter un fusil de chasse, en scier le canon et tirer dans la foule. Ensuite, il est infiniment plus facile d’intercepter une caisse d’armes qu’un sachet de cocaïne. Enfin, le monopole de la violence appartient à l’Etat, c’est sa définition même. La drogue n’a rien à voir avec le monopole de la violence.

La surveillance et la prise en charge des drogués s’imposeront, et non leur incarcération. On peut rêver qu’une véritable lutte contre la consommation de tabac la fasse diminuer et qu’à terme une politique de prise en charge des drogués limitera les consommations. En tout cas, une telle politique serait moins onéreuse qu’une politique de répression.

« Vivre une fois comme les dieux… » Non : vivre enfin comme des hommes.

Bernard Maris (Charlie Hebdo n°2S-oct 2014)

Les jardins secrets du cannabis

(lemonde.fr-19/06/2015)

États-Unis : un parc d’attractions (100 %) interdit aux enfants (lepoint.fr)

Les animaux aussi prennent de la drogue (rue89.com)

 

Laisser un ZanyCommentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s