Frédéric Boisseau, Michel Renaud

Etre là. C’est tout ce que les théoriciens de la justification, ceux qui ont fait leur spécialité – et leur miel – de professer que les victimes sont forcément plus coupables que les assassins, pourraient reprocher à Frédéric Boisseau et à Michel Renaud. Ils étaient là et, pour les frères Kouachi, c’était suffisant.

Frédéric était là, comme tous les jours, à son poste d’agent de maintenance. Michel était venu de Clermont-Ferrand voir ses amis à la rédaction de Charlie. Aux yeux du fanatisme religieux et de ses exécuteurs, c’est suffisant pour mériter la mort. On peut appeler ça du terrorisme aveugle. Mais c’est surtout l’arme favorite des totalitarismes : l’arbitraire. Je te tue parce que tu existes, parce que tu es là, en face de moi, et parce que je l’ai décidé. Etre là, simplement vivant, sur le chemin des tueurs sans neurones et sans conscience, qui n’ont besoin d’aucune justification pour tuer, parce qu’on leur en a fourni mille.

Gérard Biard

(Charlie Hebdo n°1224 – 06 janvier 2016)

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