« La Brisure » de Jill Ireland avec Charles Bronson…

« La Brisure »
Jill Ireland


Jill Ireland
Connue parce que mariée à Charles Bronson plus que pour son talent d’actrice…

La vache !
Qu’est-ce que je suis méchant…
Mais on s’en fout, on n’est pas là pour ça…



Jill Ireland a donc écrit des livres…

Dont « La Brisure »
Dans z’un style d’écriture plus proche du journal intime que du chef-d’œuvre littéraire…

Ce qui rend la chose plutôt rigolote malgré le sujet d’une tristesse absolue, voyez plutôt :
Son père, au bord de la mort, pète des câbles et son fils, Jason, est toxico, phase méga-avancé avec crises, manque et désintox sur désintox et hépatite aussi, j’ai failli oublier, honte sur moi… et Jill Ireland n’est pas z’en grande forme non plus vu qu’elle vient d’avoir un cancer du sein (sujet de son précédent livre, soit dit en passant…).

Un tableau donc bien noir…

Mais ce qui nous z’intéresse, c’est pas ça…

Quelle part de mystère nous révèle  Jill Ireland sur le dieu encore vivant, à l’époque, Charles Bronson !

Qu’est-ce qu’elle raconte sur Charles Bronson qu’elle appelle Charlie dans son livre et dans la vie à priori ? Enfin ! Du temps où ils z’étaient encore vivants !

(N’oublions pas, c’est écrit comme un journal intime…)
Je vois que vous brûlez d’impatience de découvrir tout ça…

Parce que vous n’avez pas la chance, comme moi, d’avoir ce document d’exception entre vos petites mains fébriles…





(Non, ce n’est pas la même photo qu’au début de l’article…)


















« La Brisure »
Extrait 1 :
(…)
Mon mari entra dans le salon et reconnut les signes précurseurs : des feuilles griffonnées autour du fauteuil, la corbeille à papier pleine de boulettes de papier.
– Bonjour. Bon sang, il fait froid ici.
Je regardai par-dessus mes lunettes, légèrement irritée.
Comment ?
Il répéta sur le même ton :
– Bonjour. Il fait froid ici.
– Ah, oui. Bonjour, Charlie.
Je me sentis presque coupable de la température qui régnait dans cette pièce.
J’eus une petite toux sèche et nerveuse pour m’éclaircir la voix inutilement avant d’annoncer :
– Je commence un nouveau livre.
Il prit un air inquiet.
– Je vois. Crois-tu que tu en sois capable ? Je veux dire, cela ne va pas trop te fatiguer ?
Je négligeai de lui répondre. Il rentra la tête dans les épaules.
– Comme tu voudras. Et de quoi parleras-tu dans ton livre cette fois-ci ?
– De Jason et de papa.
Charlie poussa un gémissement désapprobateur et se cacha la tête dans les mains.
– Seigneur !
Charlie attache un grand prix à l’anonymat de sa vie privée.
– Comprends-moi, chéri : il faut que je le fasse ou je vais devenir folle. En essayant de rassembler mes souvenir, je suis sûre que j’arriverai à oublier cette situation.
– En tout cas, pour l’amour du ciel, ne parle pas de moi !
– J’essaierai, Charlie. Il se peut que parfois je mentionne ton nom car tu es mon mari, mais je ferai de mon mieux pour l’éviter.
– Et merde !
Je fis claquer mon bloc sur mes genoux.
– Que veux-tu que je fasse, Charlie ? Préfères-tu une femme digne et apaisée ou une épouse morte ?
Je reprenais là un vieux sujet de discussion, en utilisant un argument facile. Mais pourquoi pas ?
– Bon sang, Charlie, pourquoi faut-il que tout tourne autour de toi ? J’en ai assez de ces tergiversations. Tu ne penses qu’à toi, et au diable le reste. Après tout, écrire un nouveau livre m’évitera peut-être de mourir du cancer !
Charlie me lança un regard meurtrier de ses yeux bridés.
– Tes états d’âme et ton cancer ! Il faut que tu obtiennes tout ce que tu veux et que j’accepte tout parce que tu as un cancer ?
J’avais déjà entendu ce sermon.

– Je ne veux pas me disputer avec toi. Tu devrais aller te faire un café et me laisser tranquille.
Il me dévisagea, furieux. Je décidai alors de battre en retraite.
– Je t’ai déjà dit que je n’écrirais pas sur toi. Mais, Charlie, si tu veux hurler, alors il vaut mieux que tu sortes. J’attends autre chose de toi en ce moment.
Cette matinée débutait vraiment très mal.
– Je t’en prie, laisse-moi écrire. J’ai besoin de respirer. Après tout, on ne publiera peut-être jamais ce livre. Laisse tomber, tu veux bien ?
Charlie sortit se faire un café et remonta le boire dans sa chambre. Il n’avait pas l’habitude de voir son autorité bafouée. Il m’avait choisie, puis m’avait aimée pour ma réserve typiquement anglaise, ma beauté et ma féminité. Il ne pouvait pas supporter que je me dresse en travers de sa route. Je ne ressemblais plus à la femme qu’il avait épousée. Il faut dire que j’avais toujours eu l’habitude d’obéir à ses ordres, de me ranger à son avis et de m’accommoder de ses humeurs.
(…)
Sa vie s’en trouvait dérangée.
(…)


C’est intense, profond et nous montre un Charlie plutôt dur… Mais Jill est déterminée… On le comprend dans son écriture, un style sans strass ni paillettes, du genre…  comme Charlie…



« La Brisure »
Extrait n°2 :
(…)
Il y eut d’autres coups de fil pathétiques et parfois violents de Jason, qui continuait d’essayer de nous manipuler.
– Tiens bon, Jason. Patiente encore un peu. Dans deux jours, je rentre à la maison et je m’occuperai de toi.
– Jamais je ne pourrai attendre jusque-là, maman ! Je n’en peux plus !
J’étais terrifiée.
– Jason, il le faut. Tu dois te battre. Chéri, je t’en prie. Je t’aime tant. J’ai besoin de toi et je veux que tu reviennes à la maison. Je t’en prie, tiens bon.
Puis un jour, je baissai les bras et dis d’une voix emportée :
– Jason, si tu recommences, je vais tout simplement faire ériger une pierre tombale à ton nom et j’agirai comme si tu étais mort. Tu m’entends, Jason ?
Charlie m’arracha l’appareil.
– Tu vois le mal que tu fais à ta mère ? Je vais te dire une bonne chose, espèce de petit salopard. Si elle retombe malade. Je t’aurai. Tu as compris ? Je ne te raterai pas, Jason. Il s’agit de ma femme, alors cesse de la torturer.
Il raccrocha sur ces mots.
Notre couple pâtissait de ces appels. Chaque nuit je pleurais et chaque nuit Charlie se mettait en colère.
Je suppliais mon mari :
– Il a besoin de toi. Il lui faut un père. Essaie d’être patient.
– Non, Jill. Il ne pense qu’à lui et s’apitoie sur son sort.
– Ne dis pas ça. Tu ne le comprends pas. Je mourrai s’il recommence à se droguer à cause de toi. Ne le chasse pas, Charlie. Au contraire, aime-le, je t’en prie.
(…)

Violent, brutal, sans z’appel, c’est tout Charlie, ça…






« La Brisure »
Extrait n°3 :
(…)
Je n’avais pas oublié ces femmes, au centre de convalescence, qui m’avaient montré leurs superbes prothèses. Je ne pouvais m’empêcher d’imaginer à quoi je ressemblerais plus tard avec une poitrine juvénile posée sur un corps âgé. Il faudrait alors que l’on coupe également l’aréole de mon sein gauche. Avais-je vraiment envie de le mutiler ? Non, j’en étais plutôt fière. Au moins il montrait à qui voulait le savoir à quoi l’autre avait ressemblé. On ne peut pas tout avoir.

– Bonne nuit, monde cruel, dis-je en reprenant l’expression de Charlie, même si je ne la pensais pas.
(…)

Beau, tragique, quel talent !







Peut-être qu’un jour, vous aurez droit à un autre extrait…
Mais pour l’instant, ça suffit !
Il ne faut pas abuser des bonnes choses et je vous vois venir; je lis z’en vous comme dans de l’eau qui n’a pas encore fait la vaisselle mais c’est NON !
Pas la peine d’insister…



Ce que je trouve terrible dans la vie de ce livre, c’est que la majorité des protagonistes concernés par cette tragédie grecque sont morts et ils sont morts pas longtemps après la parution de ce monument…
Y a que Charlie qui a tenu plus longtemps… dans les bras d’une autre…
Eh ! Oh ! Ce n’était qu’un homme, un vrai !
Fallait pas les lui briser !
« La Brisure » (LIFE LINES) © 1989 by Zuleika Farm
© Presses de la Cité 1990 pour la traduction française.
Traduit par Agnès Marcadier

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4 commentaires sur “« La Brisure » de Jill Ireland avec Charles Bronson…

  1. un père a toujours plus de caractère qu’une mère,qui bichonne trop son enfant,et lui le sait,il a trouvé la faille et en profite,un père ne tombe pas dans ce piège,

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