1972

Charles BRONSON

Pourquoi Charles BRONSON ?
Diriez-vous lors d’un dîner mondain…


Et bien parce que, très chère (oui, je considère que tu es une femme…), il a été ma première idole au cinéma.
Grâce à lui, j’ai découvert le cinéma…

Je m’explique :
J’ai appris que l’on pouvait mourir dans un film, enfin que Charles BRONSON pouvait mourir dans un film; que l’on doublait les films en français parce que Charles BRONSON ne causait pas français dans le texte et pleins d’autres trucs du genre…
Je vous épargne le reste parce qu’on n’est pas là pour parler de moi mais de Charles BRONSON
(C’est dommage, je gagne à être connu…)
Charles BRONSON !!

Charles BRONSON, de son vrai nom Charles Dennis Buchinsky, est un acteur américain, né le 3 novembre 1921 à Ehrenfeld, en Pennsylvanie.
Charles BRONSON est le dur à cuire par excellence…
Vous avez vu sa gueule !
Charles BRONSON ne pouvait pas jouer les jeunes premiers, ni même les vieux premiers d’ailleurs…

Pour celles z’et ceux qui ne le situent pas bien pour des raisons qui ne regardent que les intéressés,
Charles BRONSON, C’EST :
Il était une fois dans l’ouest, Les sept mercenaires, Les douze salopards, La grande évasion, Un justicier dans la ville, Soleil rouge, L’Homme au masque de cire, C’est arrivé entre midi et trois heures, Le bagarreur
Et la liste est longue…

Charles BRONSON a côtoyait les plus grands de son époque (Charles BRONSON aurait pu jouer avec DiCaprio ou jouer pour Peter Jackson mais son emploi du temps ne lui a pas permis de trouver le temps, justement)…

Je disais quoi déjà… Ah oui…
Charles BRONSON a côtoyait les plus grands de son époque :
Sergio Leone, Steve McQueen, John Sturges, Clint Eastwood (si, si, dans la série Rawhide), Robert Aldrich, Alain Delon, Michael Winner, Gary Cooper, Terence Young, Yul Brynner, Vincente Minnelli, Toshirô Mifune, André De Toth, Lee Marvin, René Clément, Henry Fonda, J. Lee Thompson, Anthony Quinn, Sydney Pollack, Lino Ventura, George Cukor, Ernest Borgnine, Sean Penn, Samuel Fuller, Elvis Presley, Roger Corman, James Coburn, Henri Verneuil, Marlène Jobert, Richard Fleischer, Annie Cordy, Walter Hill, Brigitte Fossey, Don Siegel, Bernard Fresson, Ursula Andress…
Pareil, la liste est vraiment trop longue…
Et ne cherchez pas, il n’y a pas d’intrus, il a bien joué avec tout ce petit monde…

Charles Buchinsky mit longtemps à trouver un pseudonyme qui le satisfasse vraiment; il est vrai que Buchinsky, ça fait pas star; il pensa même, suivant la suggestion de Delmer Daves qui le dirigeait dans Drum beat, à s’appeler Charlie Modoc. Nom de la tribu indienne dont il jouait le chef…
Tu parles d’un nom de star, Modoc !
C’est alors qu’il roulait en voiture avec des z’amis (ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Philippe Setbon dans son ouvrage « BRONSON » aux z’éditions PAC, 1983, 89 francs où je puise toutes les z’infos pour construire ce bel article, merci Philippe…), dans les rues d’Hollywood que l’illumination se fit.
Un feu rouge les avait arrêtés devant la Bronson Street, Bronson… Charles BRONSON.
Un nom court, frappant, bien américain.
Un nom de star !

Passons aux choses sérieuses maintenant…
Découvrons z’ensemble, si vous le voulez bien, 3 films avec l’incroyable Charles BRONSON
Choisir 3 films n’a pas été une mince affaire…
Il en a fait un paquet…
Ok, pas que des chef-d’œuvres mais quand même…

Il était une fois dans l’ouest

Entre Sergio Leone et Charles BRONSON, il y a toute une histoire, qui commença en 1964 avec le refus de Charles BRONSON, d’incarner le chasseur de primes de Pour une poignée de dollars; ce que l’on sait moins, c’est que Leone fit deux autres tentatives en 1965 et 1966 auprès de Charles BRONSON.
Charles BRONSON :
« … Leone revint à la charge avec le scénario de Et pour quelques dollars de plus. Je refusai encore, persuadé qu’il ne pourrait rien en tirer de bon, et que ce second film ressemblerait comme un frère au premier. Je ne me trompais pas, mais je n’ai jamais compris pourquoi le public voulait qu’il en soit ainsi. Lee Van Cleef obtint le rôle. Un an plus tard, Leone était de nouveau sur mes talons voulant à tout prix que j’accepte le rôle du truand dans Le bon, la brute et le truand. Cette fois je n’étais pas en mesure d’accepter car j’avais signé pour Les douze salopards. Eli Wallach joua le truand et les recettes du film dépassèrent encore celles des deux précédents. »
Décidément tenace, Leone finit par obtenir l’accord de Charles BRONSON pour un rôle qu’il avait écrit pour lui dans une fresque de 5 millions de dollars intitulée C’era une volta il West, tournée en 1968…

« L’homme à l’harmonica » restera pour Charles BRONSON le rôle de sa vie. Sous la caméra microscope de Leone, on redécouvre le visage raviné du comédien, sa gestuelle de félin, son sourire ambigu et son œil bleu perçant.

A nouveau sans moustache, les cheveux longs, la peau hâlée, Charles BRONSON devient une « créature » de l’univers de Leone, et incarne le héros des héros, le vengeur omniprésent, omniscient et n’existant que par rapport à sa fonction. Difficile dans ce cas de faire la part entre l’apport du comédien, et celui du réalisateur.

Charles BRONSON est extraordinaire dans le film, mais tout bien pesé, il ne fait ici qu’il n’ait déjà fait ailleurs; il est sublimé par la mise en scène de Leone qui cadre ses traits puissants en très gros plans tout au long du film, lui privilégie de magnifiques entrées de champ qui accentuent le côté presque surnaturel du personnage.

« Tu connais un type qui se balade dans la région, en jouant de l’harmonica ?… Il a une gueule qu’on n’oublie pas ! », dit Jason Robards à Claudia Cardinale, dans une scène.
Ce fut également l’opinion de la critique, qui, bien que très mitigée à l’égard du film, fut unanime dans ses louanges à Charles BRONSON.
(« Charles BRONSON mérite à lui seul qu’on aille voir ce film ». Le figaro)

Envahissant l’écran de son écrasante présence, Charles BRONSON explose littéralement; sur son visage tellement imperturbable qu’il en devient presque minéral, toutes les émotions passent dans les yeux : la haine, la compassion, ou la jouissance de voir son plan se dérouler sans accroc. Par son immobilité de fauve à l’affût, par ses intrusions toujours inattendues et fantomatiques, il correspond parfaitement à la description que fait de lui Jason Robards, dans le film : « Les gens comme lui ont quelque chose en eux… Quelque chose qui ressemble à la Mort. »

Si Charles BRONSON est fascinant dans Il était une fois dans l’ouest, il a en face de lui des partenaires de poids, ne les oublions pas… Faut quand même pas déconner…
Henry Fonda campe ici un des tueurs les plus ignobles de toute l’histoire du western.

Claudia Cardinale est sublime, prête à tout, sensuelle et ambitieuse.

Quant à Jason Robards, il trouve dans le personnage de Cheyenne, un rôle marquant plein d’humour et de charme.

Il était une fois dans l’ouest connut une carrière des plus variés selon les pays; en Italie et en France, ce fut un véritable triomphe. Une salle à Paris afficha le film en exclusivité pendant quatre ans ! Aux USA, il en fut tout autre…
« En Amérique, le film était jugé trop lent, déclara Charles BRONSON en 1978, en France, on est plus intellectuel; les gens vont au spectacle, s’installent et cela ne les importune pas d’attendre que les thèmes se déroulent? En Amérique, le western doit aller plus vite ! »
Ce film marque l’apogée du style baroque, excessif et flamboyant du cinéma de Sergio Leone. L’hyperréalisme est détourné de façon presque caricaturale, les mouvements de caméra sont fascinants; et la musique d’Ennio Morriconne prend une place prépondérante, rythmant l’histoire, accompagnant les mouvements des comédiens, enveloppant le film tout entier.
En ressuscitant les mythes, en les élevant au stade de symboles désincarnés, en mettant tout un cinéma sous sa loupe déformante, Sergio Leone a bouclé la boucle…

Un justicier dans la ville

« Comment appelles-tu des hommes qui restent assis sans rien faire, quand on les attaque ?
– Civilisés ! »
Ce dialogue de Death wish résume parfaitement le contenu du film et servit de base aux polémiques qu’il souleva aux USA, à sa sortie en 1974.
« C’est la seule fois où Paul Kohner, mon agent, ait été en désaccord avec moi sur le choix d’un film. Paul était fermement persuadé que c’était un film dangereux – qu’il donnerait à penser aux gens qu’on a le droit de rendre sa propre justice. J’ai dit à Paul que je pensais que le message était le même qu’on retrouvait dans beaucoup de mes films : que la violence n’a aucun sens, car elle engendre plus de violence encore.Mais je ne voulais pas faire Death wish pour une autre raison. Le rôle était écrit comme un minable petit comptable new-yorkais. J’ai pensé que c’était un film pour Dustin Hoffman. C’est le réalisateur Michael Winner qui m’a convaincu de le faire. Il a dit qu’il changerait le rôle en un architecte plus actif et viril, et que nous ferions tous un gros paquet de fric ! » raconta Charles BRONSON
Ce résumé de la situation est un peu simpliste. Death wish reste un film inquiétant, par le succès démesuré qu’il rencontra (dans les salles, le public applaudit à tout rompre, à chaque fois que Charles BRONSON abat un type). Aux USA, et surtout à New York, le film fut au centre de débats télévisés, d’émissions de radios…

Death wish coiffa au poteau l’autre film sensation de l’année : L’exorciste de William Friedkin. C’est pour Charles BRONSON la véritable fin de son attente : avec ce seul film, il est à présent considéré aux Etats-Unis comme une super star au même titre que Paul Newman ou Robert Redford.
Ils sont fous ces américains…

Malgré la réputation, le film est très bien construit, Winner mêle avec bonheur tous les ingrédients du polar classique à de très authentiques détails de la vie quotidienne à New York, permettant ainsi une plus efficace identification du public avec le personnage central. La réalisation est sobre, les scènes d’agression dans les ruelles sordides de Manhattan, ou dans le métro laissent une désagréable impression d’insécurité, par le réalisme sans complaisance de leur violence…

Le rôle de Paul Kersey donne à Charles BRONSON l’occasion d’une composition plus proche de la réalité que ce qu’il a l’habitude de faire. Dès le début, le personnage est défini comme un objecteur de conscience, profondément pacifiste, menant une existence bourgeoise, entre son bureau d’architecte et sa vie de famille. C’est devant l’incompétence de la police, ou plutôt son indifférence et aussi devant le vide de sa nouvelle existence que Kersey va prendre les armes et ainsi retrouver une bien triste raison de vivre.

Charles BRONSON est dans ce film excellent de bout en bout, jouant ce personnage avec une sobriété et une humanité remarquables. L’évolution de Kersey est habilement montrée de scène en scène. A son premier meurtre, Kersey rentre chez lui en courant et vomit tout ce qu’il sait; mais, peu à peu, on le voit accomplir ces crimes comme un rituel. Nulle passion dans ses yeux, nulle folie apparente : simplement l’impression de faire une tache d’utilité publique ! Paul Kersey n’est jamais enivré par sa violence; il sort la nuit, va traîner dans les endroits louches, exhibant des billets pour provoquer les voyous.
Le jeu en dedans de Charles BRONSON rend le personnage encore moins facilement cernable. Sa folie meurtrière est entérinée par l’aspect monolithique et sérieux de l’acteur, ce qui rend le personnage plus inquiétant encore et extrêmement malsain.

Winner a réalisé son film comme un western urbain; il y a d’ailleurs beaucoup d’allusions au genre.
Voici un exemple qui, comme de par malchance, raconte la fin du film donc attention, si tu ne veux pas savoir comment que ça finit, ne pas lire ce qui suit, compris… :
A la fin du film, alors qu’il est étendu, blessé sur son lit d’hôpital, le policier qui l’a traqué vient le voir. Les autorités ont décidé de le laisser filer pour ne pas en faire un martyr aux yeux du public. Le fic lui ordonne donc de quitter la ville.
« Avant le coucher du soleil ? » demande Kersey, pastichant la phrase entendue dans tant de westerns.
Si Il était une fois dans l’ouest est le film de référence de Charles BRONSON en France, Un justicier dans la ville restera pour les américains l’archétype de l’emploi bronsonien.
N’oublions surtout pas la superbe et étonnante musique du film composée par Herbie Hancock mêlant jazz et funk avec une pointe pour l’angoisse, de synthé genre film d’horreur. Très inspiré, le monsieur nous balade pour nous emmener vers l’insoutenable. Le premier thème peut être écouté en boucle mais je ne dirai pas la même chose du sixième…

C’est arrivé entre midi et trois heures

Tourné en 1976, From noon till three est certainement le film le plus incongru de la filmographie de Charles BRONSON.
Sur une trame totalement délirante, Frank D. Gilroy a concocté une œuvre d’une intelligence et d’une cruauté tout à fait réjouissantes. Se réservant plusieurs niveaux de lecture, Gilroy attaque sans pitié le monde du show-business, et le star-système.

La suprême élégance du film est d’avoir employé une star populaire pour jouer ce personnage. On ne peut que louer Charles BRONSON d’avoir accepté cet emploi peu flatteur; le personnage de Graham Dorsey est en effet un petit malfrat couard, menteur qui se trouve embarqué dans une aventure qui le dépasse complètement.
Parfaitement à l’aise, débarrassé de tous ses tics de comédien, Charles BRONSON joue son rôle de minable sympathique sans la moindre concession à son mythe; Dorsey est vraiment ce qu’on peut appeler un pauvre type.

Charles BRONSON a des scènes d’une irrésistible drôlerie, des expressions faciales extraordinairement cocasses, qui font regretter que cette facette humoristique de son talent n’ait pas été plus souvent exploitée…

Le duo que Jill Ireland forme avec Charles BRONSON est d’une justesse exceptionnelle (il est vrai qu’après dix ans de vie commune, et douze films, ils ont eu le temps de se roder !), et le personnage de Amanda Starbuck restera pour Jill Ireland, le rôle de sa vie…

Le film connut bien entendu l’échec commercial facile à prévoir et constitua dans la carrière de Charles BRONSON une sympathique parenthèse hors des créneaux commerciaux dont il n’allait plus sortir pendant des années…


« Il a le visage le plus puissant de la profession. C’est également un de ses meilleurs comédiens » déclarait Charles Laughton en 1958…
« Il pointe plutôt bien son revolver » notait laconiquement Robert Mitchum en 1968…
Ces deux opinions peuvent en gros résumer les différentes réactions que provoquent l’apparition de Charles BRONSON au générique d’un film. Selon Eli Wallach qui tourna avec lui Les sept mercenaires, Charles BRONSON est plus un « réacteur » qu’un acteur à proprement parler…

« Personne ne peut rester éternellement au sommet, personne. C’est impossible ! » déclara Charles BRONSON en 1979…
Sa filmographie prouve ce qu’il avança cette année-là et, les merdes qu’il a tourné par la suite, ont plus marqué les esprits que les bons films…
Rien que le titre de sa dernière œuvre, Une famille de flics 3 (1999), montre bien à quel point le bonhomme est usé et qu’il n’est plus que la caricature de lui-même…

A l’heure actuelle, les jeunes, dans l’ensemble, ne connaissent pas Charles BRONSON alors qu’il a été le premier acteur à avoir son nom plus gros que le titre du film sur les affiches de cinéma… Vous allez dire et à juste titre, qu’il n’est pas le seul à être tombé dans l’oubli… C’est dommage…

Sinon Charles BRONSON, peu de gens le savent, fut un peintre prolifique ayant même sa propre galerie !

Il est d’ailleurs difficile de trouver des documents montrant ses toiles sur le net ou autres…
C’est dommage ça aussi…


























Charles BRONSON est mort le 30 août 2003 à Los Angeles.

Voulez-vous en savoir plus ?
- Heu… Oui…
- Passons à autre chose…

10 commentaires sur “Charles BRONSON

  1. Fatima, tu es z’une femme de goût !!

    Par contre, je ne comprends pas ce que tu veux dire par « on a le jeté le moule »…

  2. Par « on a jeté le moule » elle veut dire qu’on en fait plus des comme ca.
    Il a pas seulement fait rêver les femmes, il fait aussi rêver les hommes qui aimeraient lui ressembler.

    • Merci Gilles pour ces précisions, je n’avais pas saisi le sens du truc !

      Et c’est vrai qu’il a fait rêver et fait rêver encore les hommes…

      D’ailleurs cela me fait plaisir de voir des commentaires sur le bonhomme que, vous l’avez bien compris, j’adore !

      Merci, merci, merci !

  3. C’etait du tres lourd cette acteur, et c vrai qui yen a plus beaucoup d commes ça, a part la derniere legendes et mon acteur preférer d’alleurs, j’ai nommé Mister CLINT EASTWOOD. bye

    • Merci Anonyme !!

      OUI ! Le Charlie, c’était du lourd ! Un roc ! Du dur, quoi !

      Et Clint Eastwood est une icône même si ses derniers films ne font pas vibrer la petite corde sensible qui se cache en nous…

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